une idée ... (suite)
Une image qui pourrait être une métaphore de l'intelligence se présenterait à nous comme celle d'une eau vive, d'un cours d'eau, d'un fleuve assez tumultueux pour que l'ouïe en perçoive la présence, mais comme noyée dans une nuit d'encre, comme rendue à jamais invisible dans la plus totale obscurité en quelque sorte. L'intelligence, qui sait aujourd'hui captée l'énergie solaire et la conserver, disposerait d'une multitude de petites ampoules fixées sur autant de flotteurs, reliés entre eux par un fil, qui donneraient à voir non pas le cours d'eau, mais une docile, une féerique guirlande électrique. Ce spectacle au coeur de la nuit pourrait nous donner une bonne idée de la force du courant, de la courbe du méandre, de la route empruntée chaque fois pour se frayer un passage au milieu d'obstacles naturels. Nous saurions à peu près tout ce qu'il faut en savoir, alors qu'il nous manquerait pourtant, toute inondée de lumière, la magique fluidité d'une eau qui nous éblouit, nous fascine en même temps qu'elle échappe à l'oeil. Aurions-nous de toute façon la sagesse de comprendre que le cours ne fait qu'obéir à la pente, et qu'en ce sens il coule à rebours de celui qui est donné par la vie ?