une idée ... (suite)

Publié le par jean francis evenou

Nous nous proposons de visiter, ou revisiter la rubrique de Michel Onfray, d'en poursuivre la lecture. Si Darwin affirmait << que ce qui distingue l'homme des "autres" (!) animaux, c'est la capacité à ressentir de la culpabilité >>, il faudrait croire qu'en son temps, les animaux domestiques avaient plus de liberté qu'aujourd'hui. Les animaux sauvages ont une conscience instinctive du danger ( on peut observer d'ailleurs que l'habitat humain peut être un "recours" ou même un refuge pour eux, ce qui paraît paradoxal - nous évoquons la biche traquée par la meute). Mais si nous revenons précisément au chien, qui est le plus familier de nos animaux domestiqués, la liberté d'errance - la seule qui lui soit indispensable - lui est fortement contestée par l'espace virtuel, depuis fort longtemps en milieu urbain, et pour ainsi dire de la même façon aujourd'hui en milieu rural. Les chiens ne trottent plus à l'aventure dans les rues du village, en marquant leur territoire. La truffe de la chienne ( comme du chat ) en souffre tout autant . Leur curiosité est sans limite quand il s'agit des odeurs. Nous verrons un chien qui s'est sauvé ; qui cherche à le faire tous les jours quand il est à l'attache, avec chaîne et collier ; revenir au bercail avec des ruses infinies, se dissimuler ; ou alors s'en retourner penaud à sa chaîne, jusqu'à "marcher à quatre pattes", jambes fléchis, tête basse, quand il est surpris en flagrant délit par son maître - qui pourtant ne l'aura jamais frappé. Notre beau-père, maître-chien, nous disait : Comment pourrait-il comprendre, si tu le frappes quand il revient ...? D'ailleurs, le regard du chien "parle" pour lui, d'une "conscience" ou de l'amorce d'une conscience, non pas purement instinctive, mais très intuitive - et qui à l'inverse montrerait "qu'il se sent coupable" sans comprendre de quoi, puisqu'il est déjà tout près de recommencer, prêt à  recommencer à la prochaine occasion. 

Voilà ce qui nous remet en mémoire le personnage central du "Procès" de Kafka, qui ne sait pas très bien de quoi il est coupable, face à une société virtuelle parvenue à son dernier degré, où des sbires vidés de leur substance humaine, anonymes jusqu'à la transparence, vont le conduire dans les labyrinthes d'une administration invisible, inaccessible, totalitaire. Certains exégètes voudraient y trouver un Kafka férocement allergique  à la chaîne comme au collier d'une institution - celle du mariage, tout comme à la seule pression exercée par son entourage et ses proches dans cette affaire. Pourquoi pas, mais la chose nous paraît un peu mince. Ce serait comme cette tentation de vouloir évoquer un Kafka on ne peut plus sombre, comme l'a fait Bernard-Henry Lévy, quand il s'agit d'un homme tellement éclairé, tellement séduisant qu'il ne pouvait qu'attirer - et seulement pour lui-même, comme ce fut le cas dans une fin de vie atroce -  de toutes jeunes personnes, pour ainsi dire adolescentes.  ( à suivre )

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