une idée ... (suite)

Publié le par jean francis evenou

L'intelligence ne peut pas accéder à l'esprit. Cela ne veut pas dire que nous en manquions ( d'intelligence et d'esprit) mais que le réel demeure "inaccessible" à l'intelligence. Même si le réel est "serré de près" par celle-ci . Et même si l'intelligence se tient sur les "traces" du réel ( alors que ces traces n'existent pas, qu'elles sont imaginaires - que le réel ne laisse aucune trace derrière lui ) - lesquelles "traces" ne seraient que les repères virtuels d'une tout aussi virtuelle trajectoire ; au point cependant - toujours à propos du réel - d'en faire une copie acceptable, à l'origine des sciences dures ou dites exactes, des sciences cognitives aujourd'hui, comme aussi des progrès de l'imagerie médicale. L'intelligence aura donc produit pour le moins une "intelligence artificielle", de nouvelles machines dotés de virtualités nouvelles, de nouveaux outils, mais qui n'en font rien de mieux que ce qu'ils sont, c'est à dire des objets virtuels ( par ailleurs les plus précieux, comme le langage ). C'est donc notre rapport au rationnel, à tout ce qui en résulte, qui est en question. L'irrationnel ne serait-il pas alors dans le fait de prendre le rationnel pour le réel, ce qu'il n'est pas ; de prendre l'image d'une chose pour la chose elle-même ;  de la prendre "pour argent comptant" en se conformant d'ailleurs à ce que l'intelligence sait faire de mieux, lorsqu'elle traduit jusque dans le langage la dimension essentiellement physique de l'univers dans lequel nous sommes, sans pouvoir pénétrer davantage ce qui s'y trouve de vivant ; et pour ce qui nous concerne, autrement que par la voie des sciences dites molles. Aussi, lorsque dans sa rubrique mensuelle, Michel Onfray évoque "les impulsions sombres, les transmissions obscures, les passages énigmatiques et irrationnels d'un inconscient l'autre", fait-il allusion aux affects liés à des superstitions et croyances de toutes sortes, ou bien au contraire aux comportements de plus en plus attachés à des réalités aussi rationnellement contraignantes que pouvait l'être une armure au Moyen-Âge, tout comme peuvent l'être aussi les rectitudes tout aussi rationnelles d'une organisation sociale que refuseraient donc totalement " nombre d'humains, plus animaux que nombre de bêtes". Et comment peut-on dire que la "licence est la liberté des animaux"? A défaut du droit, n'est-il pas contraire à la décence qu'un individu puisse avoir "le droit" d'être immensément riche ? Que vient faire l'animal dans nos sociétés humaines remplies de confusion.  

Est-ce que l'intelligence peut également espérer produire un jour un "esprit artificiel" ( et non pas superficiel ) ? Nous connaissons les prémices d'une telle quête, qui occupe les scientifiques penchés sur les origines de la vie. Nous connaissons l'activité intuitive de l'esprit dont nous sommes pourvus. Alors ? ( à suivre )


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