Mercredi 15 février 2012
3
15
/02
/Fév
/2012
18:34
L'absurde disparition, le 3 janvier I960, d'Albert Camus poignant écrivain de l'absurde, tué sur le coup à quarante sept ans, il y a plus d'un demi-siècle, dans un mortel accident à
bord d'une Facel Vega FV3B.
Que dit Wikipédia de ce véhicule automobile ? Jean Daninos, pdg de Facel S.A. en est le concepteur << sous la marque Véga construite par Facel >> dès 1954.
<< C'est le frère journaliste et écrivain Pierre Daninos qui lui suggéra Vega, l'une des étoiles les plus brillantes de la constellation de la Lyre, symbole de puissance et de
prestige.>> On sait qu'Albert Camus se proposait de rejoindre Paris par le train. Le texte publié par Wikipédia évoque également la réaction à cette époque de l'écrivain René Etiemble
déclarant : << J'ai longtemps enquêté et j'avais les preuves que cette Facel Vega était un cercueil. J'ai cherché en vain un journal qui veuille publier mon article...>>
N'en sachant pas davantage, puis-je ajouter une curiosité malsaine à ce qui demeure un fait tragique ? En 1960, en seconde main, donc d'occasion et sans grands moyens, j'ai fait l'acquisition
cependant d'un coupé Simca sport, pour le motif que les lignes de ce modèle m'enthousiasmaient, alors même qu'il se trouvait par ailleurs équipé d'une boîte de vitesse Maserati, possédant ce
qu'on appelait à l'époque une "surmultipliée", ce qui n'avait rien non plus d'innocent. J'avais donc cette fougue dite de la jeunesse qui mêlait en moi le goût de la vitesse et de la séduction.
Aujourd'hui, la Bretagne est équipée d'un réseau routier de voies expresses conçues sur le modèle des autoroutes, où la vitesse est limitée à 110 kms/heure pour la raison suffisante qu'elles ne
possèdent que deux voies de circulation. Les statistiques montreraient vraisemblablement que la fréquence d'accidents graves ou mortels y est parmi les plus basses. La question n'est pas
là. Rouler par exemple de Vannes à Brest sur une centaine de kilomètres, c'est faire le constat que vous êtes instantanément l'otage d'un flux où "tout le monde" roule entre 110 et 120 kms/heure.
La voie de dépassement ( et le plus souvent "en meutes") est celle d'une stratégie inexplicable, si l'on n'a pas en tête que ce sont là des personnes qui toutes sont pressées, et qui véhiculent
une tension permanente. L'écrasante majorité d'entre elles sont là pour leur travail. L'activité professionnelle exigerait donc que l'on aille de plus en plus vite ?
Il y a beaucoup à dire sur la vitesse relative d'un mobile ( d'un véhicule ici dans lequel la conscience d'une volonté de puissance ajoutée se fond bel et bien dans une attitude collective ) par
rapport à la vitesse de rotation de la terre, laquelle participe à la notion ( toute subjective ) de durée, en particulier d'une journée. Il est à parier que la vitesse mécanique qui nous
bouscule, dans laquelle nous sommes, raccourcit le "temps" ( immatériel ) d'une journée, telle qu'elle pouvait être perçue par nos précédentes générations, dans et par le rythme naturel de la
marche.
Par nevenoe
-
Publié dans : litérature et société
0