Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 23:40

 

<< Foudroyant ! Bolt plus fort que le temps.>> Le journaliste du quotidien sportif "L'équipe" a du temps à perdre pour écrire de percutantes balivernes. En s'exprimant de cette façon, une chose cependant est sûre, c'est qu'il sera compris par tout le monde. Et dire d'Usain Bolt qu'en courant le cent mètres en 9"58, il peut revendiquer ce temps, que c'est bien le sien, le sien à lui seul, c'est vouloir sans doute insister trop sur le fait que chacun d'entre nous a son propre temps ; dans le sens qu'il n'en existe aucun autre qui puisse nous être commun.  C'est aussi vouloir compliquer les choses que d'en parler ; d'affirmer que le temps n'existe pas ; et c'est le propre d'un esprit chagrin, on en est d'accord, dirait mon cousin. Notre plus proche voisin ( qui, lui, "court sur ses 75 ans", comme disait son grand-père ) a parcouru la même distance récemment en 13 secondes. C'est son temps à lui. Il en est ainsi ( tinsons ! ). Oui mais voilà ! Tandis que Pépé fait sa course à lui, Planète Terre décide sur le champ de se mettre à tourner plus vite sur elle-même, et de parcourir - pensez-vous ? - cette foutue journée en 17 heures 40 minutes ... et des poussières ... Que croyez-vous qu'il arriva ?! Eh bien, l'ancêtre aura franchi lui aussi la ligne en 9"58, voire un peu moins ! Boudieu ! C'est pas pour ça que je me pointerai avant tout le monde, pour fêter tout seul le Nouvel An, a-t-il ronchonné. C'est-y pas de la pure poésie vraie, c'est-y pas bio tout ça ! 


Par jean francis evenou - Publié dans : litérature et société - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /Août /2009 12:25

 

<< Foudroyant ! Bolt plus fort que le temps.>> Le journaliste du quotidien sportif "L'équipe" a du temps à perdre pour écrire de percutantes balivernes. En s'exprimant de cette façon, une chose cependant est sûre, c'est qu'il sera compris par tout le monde. Et dire d'Usain Bolt qu'en courant le cent mètres en 9"58, il peut revendiquer ce temps, que bien c'est le sien, c'est vouloir compliquer les choses. C'est le propre d'un esprit chagrin, on en est d'accord, dirait mon cousin. Notre plus proche voisin ( qui lui, "court sur ses 75 ans", comme disait son grand-père ) a parcouru la même distance récemment en 13 secondes. C'est son temps à lui. Il en est ainsi ( tinsons ! ). Oui mais voilà ! Tandis que Pépé fait sa course à lui, Planète Terre décide sur le champ de se mettre à tourner plus vite sur elle-même, et de parcourir - pensez-vous ? - cette foutue journée en 17 heures 40 minutes ... et des poussières ... Que croyez-vous qu'il arriva ?! Eh bien, l'ancêtre aura franchi lui aussi la ligne en 9"58, voire un peu moins ! Boudieu ! C'est pas pour ça que je me pointerai avant tout le monde, pour fêter tout seul le Nouvel An, a-t-il ronchonné. C'est-y pas de la pure poésie vraie, c'est-y pas bio tout ça ! 

 

Par jean francis evenou - Publié dans : litérature et société - Communauté : les auto-édités
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Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /Août /2009 11:43

Voilà ce que m'a dit cet ami ce jour-là : Il y a des proches qui me sont tellement étrangers que pour eux je me cherche, je me voudrais des qualités que je n'ai pas. L'effet en est immédiat. C'est comme si je  laissais se faire, en moi seul, insidieusement, et pourtant par effraction, une instabilité tout juste perceptible, une sourde confusion, un trouble, mais peu à peu sans fond, où rien ne résisterait plus, à quoi je pourrais m'accrocher. Cette perdition, ce mal être me font l'effet d'une interminable noyade, d'une déliquescence sans recours, dont j'ai beaucoup de mal à me remettre, au point d'en être détestable pour chacun, cette fois à juste titre. C'est ce qu'on appelle incontestablement avoir l'esprit chagrin. 

Les chagrins d'esprit, ceux-là qui sont véritablement chevillés au corps bien sûr, sont trop dommageables pour être appréciés. Ce sont de vrais repoussoirs.

<< Et disant cela, il m'offrait son beau regard, son sourire lumineux, pour tout dire.>>  a-t-elle ajouté. J'ai bien aimé entendre de cette femme ce que lui disait ce jour-là cet homme, qui est pour elle un véritable ami. 


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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 10:42

 

Et voilà que cette même personne nous dit  << Je ne suis pas de ce monde. Pas de ce monde-là, en tout cas ! >> Alors quel autre ? Il n'y a pas de monde où le contraire pourrait exister. Les "trous noirs" de l'univers, l'antimatière ne sont pas des contraires. Parce qu'alors il faudrait admettre qu'il puisse s'y trouver une chose et son contraire, c'est-à-dire deux choses qui ne seraient pas du même monde, et donc deux mondes différents, ou qui plus est, deux mondes faits pour s'opposer. C'est pure imagination. La course autour du monde à la voile n'a d'intérêt au fond que dans la mesure où le navigateur affronte des vents dits contraires. En vérité ils sont contraires à la seule volonté de l'homme, qui à défaut de pouvoir les maîtriser n'a de cesse de tirer des bords. Il y avait assurément nécessité de se protéger des vents comme de s'en servir, aux origines, mais la volonté humaine va bien au delà. Maîtriser le monde conduit à le détruire. Procréer, construire : ce sont pour nous les deux pôles de l'existence, l'un vivant, l'autre mécanique. S'il y a opposition, et surtout conflit, ce n'est pas parce que ces deux pôles sont contraires. C'est impossible puisqu'il faudrait encore, n'étant pas de même nature, qu'il y ait deux mondes pour les représenter, l'un et l'autre essentiellement vivants, ou l'un et l'autre exclusivement mécaniques. Et c'est bien là où nous en sommes. En revanche, est-il possible que tout puisse s'inverser . Quoi donc ? Eh bien, mais le mécanique et le vivant ! Et pour ne faire qu'un seul monde, ce que personne ne songerait à réfuter. Et cela, oui, c'est de la confusion, qui peut tourner à l'abrutissement. Il s'agirait de marcher à l'envers, comme à reculons - de vouloir, entre autre chose, mettre ses pas dans les pensées de ceux qui ne sont plus. Interroger le passé comme une chose dont on s'éloignerait, alors même qu'elle se trouve être l'inverse de ce qui se vit, c'est prendre le risque de chercher à construire le vivant, ce qui est proprement une absurdité. Le vivant est dans un mouvement perpétuel, inaccessible, échappant par nature à toute mesure, en chiffre et nombre. Tandis que la mécanique a pour elle de pouvoir être reproduite à l'identique. La technologie, depuis ses origines, ne fait qu'appliquer des lois universelles, mais qui ne répondent que des éléments naturels. Ce n'est pas là notre identité. L'eau, le feu, l'air, la terre, ne sont plus objets de croyances, et pourtant nous continuons de nous référer aux lois qui les gouvernent, au prétexte qu'elles ont rendu possible l'environnement technique dans lequel nous baignons aujourd'hui, celui-là même qui nous vaut de maîtriser le monde, et bien au-delà des seuls éléments. Du reste, catastrophes naturelles multiples et désordre écologique semblent aller de pair. La question reste posée. 

Notre langue est ainsi faite qu'on y trouve autant de produits toxiques que dans un placement financier de haut vol. Du reste, la métaphore est le seul recours du langage qu'on ait trouvé pour tenter d'approcher la vie, sans jamais y parvenir tout à fait. La métaphore fonctionne à sens unique, du mécanique vers le vivant, du connu vers l'inconnu. Essayez donc. Faites-nous une proposition inverse.  Le grand Rimbaud lui-même n'y a pas échappé. Le phénomène est si puissamment installé, qu'il n'est pas besoin de recourir à de grandes phrases. Un titre suffit. "Le bateau ivre", le poème le plus connu sans doute pour avoir fait le tour du monde.

Personne ne me remplacera au moment de disparaître. Aussi personne ne sera là non plus pour prendre ma place dans les derniers moments. Aussi - et compte tenu de mon espérance de vie, en terme de probabilité, donc de temps mesuré ( comme si c'était possible ! ) - j'en fais  depuis peu une affaire personnelle. Beaucoup trop. Je regarde les autres vivre. Ou plutôt je regarde leur façon de vivre, qui serait la vie. C'est encore la meilleure façon d'observer en l'autre ou chez l'autre ce qui devrait  me permettre de ne pas m'abuser sur moi-même. Ainsi, pour un peu, j'aurais l'impression d'avoir fait quelque progrès, comme s'il était possible aujourd'hui que je puisse enfin me rendre disponible à chacun. Ce qui n'était pas le cas lorsque je vivais dans cette bizarre attitude qui consiste à ne point s'arrêter sur la mort, comme si c'était là une chose qui n'arrive qu'aux autres. En vérité, lorsqu'on me parle, je suis déjà ailleurs, parce que trop occupé de moi-même. Bref, il me semble avoir vécu dans la plus grande distraction, et comme très éloigné de ce que je crois être. J'entends dire aujourd'hui que cette attitude pourrait être celle de ne pas savoir, de n'avoir pas su dire non. Mais << ne pas avoir su >> c'est encore traîner du passé ! Ce serait donc cela le refus de désobéir ? Ce << non >>  qu'il faudrait pouvoir - une première fois - opposer à l'autre, à bon escient ? Faut-il qu'il me vienne quelques vérités simples dont il serait peu question dans la vie de tous les jours ? Ainsi nos lois sociales  seraient-elles fondées sur le mécanique, la répétition, le prévisible ? Ainsi nos sciences dites exactes nous viendraient-elles de la seule observation des éléments naturels  dont les lois sont strictement celles de la mécanique appliquée. 

Qu'est-ce que ce refus qu'on s'impose, qu'on s'inflige, si ce n'est celui de désobéir ? A l'inverse de la désobéissance, ce refus est comme un double noeud dont on ne peut plus se libérer. Tous les écarts de l'adolescence en témoignent, qu'ils soient magnifiques ou navrants. Du conformisme mou à l'obéissance aveugle, le noeud est de plus en plus fermé.   

 

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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /Août /2009 10:42

Je ne me reconnais qu'une école, celle de la vie - mais entendons-nous, celle de l'individu au mieux de lui-même, vivant, recherchant le contact possible avec le vivant, en premier lieu l'autre lui-même, son semblable mais semblable seulement, et seulement pour n'être pas dans un refus qu'il doit s'imposer, pour l'avoir d'abord subi par l'adepte, par tous les adeptes, ceux du groupe, toujours conduit par quelques-uns, qui seuls prétendent pouvoir former un monde, formuler ses lois, hors desquelles on se met hors-la-vie. Je ne suis l'élève de personne - il faut avoir fait des études pour cela - et ne me reconnais qu'une loi, en vérité une utopie : celle de magnifier la vie, et de ne point lui porter atteinte, jamais. Cela ne s'enseigne pas.  C'est la loi la plus discrète qu'on puisse imaginer. Elle n'a jamais été appliquée, dans aucun pays. Ce n'est pas une loi naturelle. Il n'y a pas de réponse proprement écrite sur la vie. Elle n'est pas inscrite dans l'univers.  Et quand aux pays, parlons-en ! Le territoire de chasse ou de cueillette disputé sans doute, sûrement ou peut-être, par des hordes nomades, passe encore; mais la partition, le partage de la planète dans la violence, toujours imposée par quelques-uns, voilà qui n'est pas près de s'arranger. Sans parler d'une incroyable loi qui ne connaît pas de frontières, d'une ascension inscrite pour ainsi dire dans tous les cerveaux, sous l'effet d'une gravitation complètement virtuelle, qui s'impose dans toutes les sociétés, pour ainsi dire par et à la naissance, et d'autant que l' individu est socialement éloigné des sommets. C'est une violence qu'aucune autre violence ne peut dissoudre.


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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 15:14

Quoi, c'est un page !? Quoi, c'est un type, ce n'est pas une personne !? Qu'est-ce qu'il nous raconte !? Un type : un individu quelconque, direz-vous. Non ! Non! ce serait tout sauf un type quelconque : ce serait trop facile : faire le page en son temps c'était faire beaucoup de manières, mais c'est d'abord remplir une fonction. Parfaitement. Sans la personne, la fonction s'en trouverait comme vidée de sa substance, elle ne tiendrait pas sur ses jambes. Faire le page, c'est avoir les compétences requises pour exercer une activité précise, de la manière la plus satisfaisante. Or, nous dit-on, un type ce pourrait être encore un modèle abstrait, réunissant à un haut degré les traits essentiels de tous les êtres de même nature. Voilà qui nous convient parfaitement ! Ainsi un page serait chose abstraite, un plombier aussi, un président directeur général itou. Une fonction est une chose abstraite sans l'organe qui la précède. Bien sûr, l'inventeur désobéit à toutes les lois de la nature, puisqu'en partant d'une chose abstraite - la fonction - il contrefait pour "créer un organe" . Créer, tu parles ! Dans l'ordre des choses naturelles, un organe bien sûr est typique, mais il n'est pas fait de brique et de broc ; il est lui-même mutation; il est à l'origine du groupe de même type, possédant le même organe, lequel s'est révélé d'abord parfaitement adapté au milieu naturel. Mais alors, pour le coup, un amant ce serait un type ? Non pas, s'il faut en juger par le désordre que méthodiquement nous avons imposé à l'ordre naturel des choses. Un amant, ce pourrait être un type quelconque ? Çà c'est une bonne question.

En tout cas un page, avant que d'être un page, ça pourrait être un enfant atypique, ou si possible, plus encore, même pas typique pour un sou, dont le naturel - on dit aussi le penchant - serait plutôt de ne pas obéir ; un enfant à qui on ajouterait ( qui on ? On, c'est au moins un, comme aussi une multitude parmi ses semblables ) à qui on ajouterait, à même sa personne, nombre d'attributs vestimentaires qui lui seraient donc extérieurs mais qui feraient écho à ce qu'il faudrait bien appeler un environnement tout aussi ajouté. On n'imagine pas un page livré à lui-même, seul au milieu, mais alors au coeur, au plus profond d'une forêt tropicale. 

( A propos du livre Les Onze, de Pierre Michon  Ed.Verdier 2009 )

Le raisonnement, pourrait-on dire, écarte pour ne pas dire chasse l'amour, dans le sens qu'il n'y a pas d'amour dans le raisonnement, comme il n'y a pas de raisonnement dans l'amour. De ces deux mouvements, il n'y en a qu'un qui soit véritable élan. Il doit se préserver, il faut qu'il précède le raisonnement toujours, surtout quand il se trouve sur un " terrain" - c'est-à-dire le cerveau, c'est-à-dire l'environnement dans lequel celui-ci cette fois se projette - un terrain où le raisonnement seul peut règner en maître,  abstraction faite du tout de sa propre personne, jusque dans son corps pour celui qui raisonne, et non pas comme "pur esprit" ! Car ce sont là - on ne peut en douter - des chantiers spéculatifs d'un solide pragmatisme. Cette abstraction faite de sa propre personne, pour adhérer au commun raisonnement, est troublante puisqu'elle met en valeur la "vision des choses". Or, des organes sensoriels, seul celui de la vue est vulnérable. Il ne peut fonctionner dans une totale obscurité ! Ce n'est pas le cas du tact, de l'ouïe, de l'odorat et du goût. L'amour, disions-nous.

 

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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 09:55

 

Vous ne vous trouverez pas dans mon livre. J'ai tout fait pour que vous y soyez bien cachée. De la même façon que je m'y suis caché moi-même. Pourquoi cette fuite, pourquoi se défausser, et pourquoi faut-il se cacher à soi-même ce qui est vrai - de l'un, de l'autre, comme de soi ? Quand ce qui devrait être la plus belle chose de la vie est bien l'accouplement de la femme et de l'homme. Ainsi  j'ai toujours fait que vous ne puissiez vous trouver dans aucun de mes trois derniers romans, qui n'auraient jamais été écrits sans vous. Voilà ce que disait cet auteur, à propos de cette personne. Voilà en vérité ce qui m'a été rapporté par elle. Bien sûr, la suite de l'histoire est infiniment heureuse . Voilà pourtant ce que disait alors cet ami. Moi je lui répétais :  << il faut que tu ailles bien, que tu ailles bien, que tu ailles bien ... avancer... avancer...>> . Je lui parlais comme si moi-même j'allais bien. << Il n'y a pas de mot pour dire ce que j'ai perdu. Comment veux-tu que j'aille bien ... >> disait-il, bouleversé, et même éploré ( c'est un mot que l'on réserve plutôt à la femme, mais pourtant ... ).  Jouissance, orgasme, plaisir selon qu'on soit michel Onfray, ou contentement selon krishnamurti. Il n'y a pas de mot. Il est vrai que le langage est pauvre, pour ne pas dire muet.  Du reste, disait encore mon ami, s'il y avait un mot pour dire ce que j'ai connu, et si même je devais l'inventer, il ne serait pas partagé,  il ne serait  pas perçu, puisque nous sommes tenus pour  connaître en vérité l'échec, nous les hommes, plutôt et surtout l'échec dans ce qui est une sublime aventure, un voyage en l'autre, bien au-delà des choses qu'on puisse exprimer. Je ne peux pas croire qu'il en est été ainsi pour elle. Car s'il s'agissait bien de connaître l'inconnu en elle - ce que j'ai véritablement vécu - de connaître chaque nouvelle fois ce qui par essence ne peut être nommé, alors en effet il ne peut y avoir de mot pour en parler. Ou alors le pied, peut-être ..., ai-je osé dire : prendre son pied. Ce garçon s'est efforcé de me sourire, mais d'un sourire navré. Il m'a regardé comme s'il sortait de son état, en disant : << Ce mot-là non plus ne lui arriverait pas à la cheville ... et d'ailleurs ...>>  Et d'ailleurs ? lui demandais-je, ne voulant pas en rester là. << Il arrivait que nous parlions de la vie, de la mort. Je n'aime pas la mort.>>  précisait-il posément. Voulait-il dire simplement qu'il en avait peur ? Je ne sais pas, mais ce garçon n'est pas de ceux qui sont d'abord centrés sur eux-mêmes.            ( à suivre )

 

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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 11:49

Les citations sorties de leur contexte, semées à tout vent par les médias, avec les meilleures intentions, celles de susciter la réflexion de chacun, permettent quelquefois des rapprochements que l'on ne saurait faire soi-même.

 " Je ne crois pas au bonheur par les machines,

 Je ne crois pas au bonheur par la diffusion,

 la prolifération des commodités.

Ce sont des échappatoires, ce sont des fuites."   Louis GUILLOUX

 

<< On photographie les objets pour les chasser de son esprit. >>   Franz KAFKA

Cette phrase semble la plus énigmatique. Or il semble bien que les objets usuels - s'il s'agit de cela - ont peu à faire avec l'activité spirituelle, prise dans son sens laïque. Ce serait donc un détour dont bon nombre d'artistes pourraient se passer eux-mêmes, s'il est vrai que de telles images sont celles que l'on oublie le plus vite.

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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 11:29

La puissance des images ? Il n'y a rien dans l'image. Elle reste ce qu'elle est : une métaphore dans le meilleur des cas. En revanche cette puissance - ou plutôt cette capacité - est en nous. C'est nous qui produisons les images, qui les reproduisons, indépendamment semble-t-il de la qualité de chacun. Qui peut se targuer de n'en n'avoir jamais produites pendant son sommeil ? Le rêve est fait d'images qui  abusent cette fois les sens avec une force, une "vérité bien supérieure" dirait-on à celles que la vie en société nous propose. Alors pourquoi ce pouvoir encore, et cette puissante attraction surtout, quand il s'agit de l' environnement urbain, le plus dense de ce point de vue dans la vie de tous les jours ? - hors du rêve et des services rendus par l'imagerie médicale bien entendu. Parce qu'il nous renvoie à ce que nous savons faire ? Parce que toutes ces choses ajoutées - inventées, construites, fabriquées pour le confort, et pourquoi pas le bien du plus grand nombre - n'existeraient pas sans l'image. L'imagination est une fonction naturelle qui produit de l'artifice. L'éveil, à la différence du rêve, consisterait  à ne pas se laisser abuser par les sens,  par le premier d'entre eux dans cette affaire : la vue. Ce n'est pas une question de volonté. C'est une façon de voir - c'est le cas de le dire - qui réduirait peu à peu la confusion et le désordre, et donc l'entropie qui règne diversement mais dans toutes les sociétés sur le langage ( c'était le souci permanent de Kafka ), la pensée symbolique et bon nombre d'activités cognitives. Ne pas confondre le naturel - et dans le naturel,  le vivant - avec l'artifice,  est à la portée de "tout le monde" ( nous ne sommes pas le monde à nous seuls, les humains ...).

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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 23:54

 

 

J'ai bien aimé le mot d'Albert Jacquart, il y a quelques jours sur France Culture, à propos de nos malicieuses gamètes, dont on dirait même qu'elles sont enjouées - ce sont jeux d'amour -  et très fines mouches en tout cas dans le choix du partenaire, bien autrement que ne saurait le faire notre bonne grosse intelligence cartésienne, semble-t-il, s'il est vrai que celle-ci en est réduite à faire un constat, celui d'une sorte d'intelligence intuitive pour l'instant bien difficile à expliquer chez ces petits mais indispensables êtres vivants que sont nos précieuses gamètes.  Un esprit rationnel serait-il fermé à toute poésie, quand celle-ci se mêlerait d'être vivante? Et peut-être aussi parce qu'enfermé, empêtré pour tout dire dans un corps peu doué pour la danse ?

L'extrapolation osée par Albert Jacquart est superbe, puisqu'il nous invite, comme le font les gamètes, à ne pas manquer d'être attentif à l'autre, riche à coup sûr de toute "sa différence" -  ce que moi je préfère voir comme une singularité, en chaque individu, qui devrait nous permettre de le distinguer parmi les autres.

Je me suis demandé sur le moment pourquoi cet homme de savoir - généticien et philosophe, mais pas seulement - si remarquable, est allé chercher le résultat d'une étude faite sur une population Touareg incroyablement isolée, comme depuis toujours, et privée - il faut le dire - de tout contact avec tout autre groupe humain. Or les craintes liées à la consanguinité n'ont trouvé aucun écho dans cette communauté humaine qu'on pouvait considérer comme saturée, de ce point de vue.

Nous aurions pu y regarder de plus près, sur place, chez nous en Europe et voir à l'évidence la belle santé, la beauté du peuple gitan - peuple libre - qui a gardé pour ainsi dire intacts les signes, les traits de son appartenance au continent indien, quitté à jamais et pour toujours, avant de se présenter aux portes de l'Europe il y a cinq siècles. 

En revanche, il se trouve qu'un enfant apparaisse dans une famille de vieille souche occidentale, et qu'il grandisse mais plus vrai qu'un bengali, ou comme s'il était venu tout droit de Bombay. Mais ça, c'est une autre histoire, un étrange conte de fée d'une ancêtre, la gavalie de la noye.

 

Par jean francis evenou - Publié dans : litérature et société - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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