Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 11:59

Celui-là, que l'on peut rencontrer, est un petit malin, nous dit-on, et qui tient beaucoup à le faire savoir. La rencontre deviendra d'autant plus improbable qu'il touchera le plus grand nombre dans l'exercice de son talent ; qu'il aura trouvé dans l'image, et pourquoi pas dans les médias, son plein épanouissement. A défaut d'être tendre, son humour pourtant se nourrit d'une sorte de perspicacité, dont il aurait quelque raison de s'énorgueillir, si elle était faite pour nous éclairer. Hélas, hélas, demandez-lui exactement de quoi il retourne, et comment en rigolant, il s'explique à lui-même qu'on puisse aujourd'hui parler d'un "monde" virtuel ? En dernier ressort, redevenu sérieux, il se pourrait qu'il nous plonge dans l'irrationnel, pur et dur, évoquant la fameuse "bête immonde" qui est en nous en oubliant l'essentiel, l'extension, cet incroyable harnachement ( que l'animal, lui, ne connaît pas ) sans lequel le pire des prédateurs est un roi nu. Voyez plutôt les images ( quand elles sont si parlantes, si criantes ) qui nous viennent de la Corée du Nord.   

 

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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 12:09

Il arrive que la presse régionale nous offre discrètement, en dernière page et en trois lignes, quelques perles amusantes qui ont pour trait commun d'illustrer, dans nos comportements, ceux qui immanquablement ont une bonne chance de nous faire sourire. Ainsi de ces pompiers canadiens qui pour avoir reçu un appel de la police, ont bel et bien découvert une automobiliste juchée sur le toit de sa voiture embourbée, immergée on ne peut mieux dans les eaux d'un marécage, à quelques lieux de Toronto. On imagine cette personne, la main crispée sur un portable pour s'être fiée à son navigateur de bord, alors qu'elle se rendait simplement sur les lieux de son travail, à quelques distances de la ville. Le GPS une machine ?! Faut-il la remplacer par un implant perfectionné, qui serait un vrai progrès ? C'est à voir. Ce sont là les divagations d'un cerveau déconnecté ? Non bien sûr ! Cette personne qu'on aimerait connaître un peu mieux, est incontestablement, indiscutablement sympathique, quoiqu'on dise, et mérite bien d'être au Top.

 

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 16:35

 

Les sujets les plus récents abordés dans l'émission "C dans l'air" les 5 et 6 Octobre, portaient respectivement sur les Drones, et sur "l'homme qui doit 5 milliards" ( Monsieur jérôme Kerviel en l'occurence ). Yves Calvi est un animateur hors pair. Or, sauf erreur, il aura fallu vingt minutes, à propos des Drones, pour qu'il intervienne enfin lui-même, recentrant le sujet dans son vrai contexte, celui d'un "monde" virtuel, selon sa propre expression. L'étonnant est plutôt qu'il l'est fait sur un mode prudent, et pour un peu dubitatif, tant il semblait lui-même interroger ses invités, ce qu'il fait en permanence avec talent. Mais faudra-t-il encore longtemps tergiverser sur la "nature des choses ", comme s'il fallait en savoir davantage avant de se prononcer sur ce "virtuel monde", dont l'expression même, jusqu'alors  inconnue, aurait laissé pantois nos aîeux. Qu'il s'agisse de Monsieur Kerviel ou de celui qui commande à distance le drone, il n'est d'autre intelligence, d'autres matériaux que celle et ceux du clavier, et ses extensions. L'homme doit-il obéir ou plus simplement même subir la toute puissance d'une intelligence artificielle, qui peut faire de nous des prédateurs, souvent exécutants ? Quand les distances ne sont plus à l'échelle humaine, quand on les perd de vue, on n'est plus dans le réel. Et s'agissant de Monsieur Kerviel, n'oublions pas que la Bretagne ( et c'est tant mieux ) est terre de poètes ... et de matheux ! L'argent est le nerf de la guerre, jamais la poésie.


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Vendredi 17 septembre 2010 5 17 /09 /Sep /2010 10:23

Il n'y a rien de pire que de vivre machinalement, par la force de l'habitude qui on le sait, a quelque chose de rassurant. Le pessimiste pense que la machine l'emportera, elle n'a pourtant aucune volonté, même quand elle l'emporte sur celle des hommes par ses performances. C'est là, pense-t-il, que se trouve le noeud identitaire, auquel il peut sembler normal de s'attacher, quand notre potentiel, nos performances naturelles s'en trouvent largement dépassés, pour la plus grande satisfaction de l'optimiste. C'est jour de grève, il y a peu de circulation aujourd'hui sur la route secondaire empruntée par le pessimiste, en rase campagne. Allumer la radio lui a fait l'effet d'un choc : c'est comme s'il avait  ressenti ( ou penser à tort ? ) qu'en place du discours, la musique d'aujourd'hui, violente ( y compris sur France Culture ) plutôt que d'être conçue, interprétée par des compositeurs, musiciens, chanteurs, pouvait aussi bien l'être par des machines. 

 

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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 10:14

Il en est de brillants écrivains comme des météorites dont le point de chute se perd dans la mer.

 

La source du milieu serait celle du corps, dont l'énergie sans doute, le magnétisme surtout se manifesterait par les sens, dans l'échange et le don. Qui voudrait croire qu'il existe de la même façon un magnétisme intellectuel ? Il est clair que les idéologies ont un pouvoir de captation, qui peut aller jusqu'à l'hypnose.

 

Le coeur et l'esprit nourrissent le corps, mieux que ne saurait le faire la plus brillante intelligence.

L'esprit ne pratique aucune langue, pas même une simple parole ni quelque mot qui n'aurait pas sa source dans la constellation des sons. C'est tout le secret de la musique.

Aux savantes erreurs je préfère une vérité maladroite. 

<< La gentillesse et l'argent, ça n'a rien à voir, car autrement tous les gens riches seraient gentils. >> C'est un enfant qui dit cela. Du reste le gentil homme pauvre était l'exception.

Est-il vrai que la femme a enfin retrouvé sa place, la féminité sa charnelle apesanteur, pour que l'homme ne puisse plus dire : << Ma vie sexuelle s'achève comme elle a commencé : par la masturbation.>>

L'adolescent fiévreux, parlant vite et sans articuler, croyait bien dire vrai ce jour-là ( le "monde" de l'image pour lui est effarant ) à propos d'un média parlant d'étudiantes de plus en plus nombreuses , de plus en plus présentes sur le marché de la prostitution : << Racolage sur la voie publique ? ( formule consacrée ) : Ça en fait pour moi tu vois c'est la fosse commune : en fait les vraies racoleuses tu les vois en couverture des magazines : elles risquent pas d'y laisser leur peau : les étudiantes en fait c'est le pire si tu veux :  en fait ça colle pas : studieuses, fréquenter les studios. >>

Pour qu'un rêve soit brisé, encore faudrait-il pour cela qu'il fût rigide. Or nous y allons énergiquement, au pas de charge comme en saccades, dans les rythmes chocs, heurtés, cassés, désarticulés . Moi, je rêve de salsa, d'ondulations.


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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 09:18

S'il y a quelque chose qu'on ne peut dissocier de la technologie, c'est le pragmatisme, le savoir-faire. L'excellence, aussi bien et surtout dans l'inutile ( les joyaux, les diadèmes etc ...) recouvre des millénaires, à ceci près que le vieux débat de l'être et de l'Avoir gagnerait en clarté s'il trouvait son aboutissement dans le faire. Il en est qui ont beaucoup et qui ne font rien, ou rien qui vaille, si ce n'est de conforter l'idée que ce sont là les attributs de la vraie liberté. On n'explique pas autrement le récent parcours des nouveaux réalistes, le délire émouvant, pitoyable, d'une Niki Saint Phalle, le snobisme des adeptes, qui en auront "fait" l'égérie d'un "génial ferrailleur", un comble quand on connaît les appétits des milieux fortunés, leurs conceptions de l'Art ( la motivation, le rêve d'un peintre de génie serait de voir son chef-d'oeuvre muré dans la chambre forte d'un milliardaire?). On pourrait négliger tout cela pour constater que le pragmatisme a aussi son pendant dans une façon de faire, tout autrement chevillée au corps en milieu populaire et rural, et plus modestement dans les tâches ménagères sans domesticité, ou encore l'artisanat. L'âge d'or de l'artisan, voire de l'artisan d'art, aura couvert à lui seul des millénaires, au point d'associer l'individu à sa tâche dans une sorte de spécificité identitaire ( s'agissant le plus souvent d'un homme ) que la femme au foyer n'avait aucune chance de se voir reconnaître. L'Ecole du XXIe siècle, essentiellement professionnelle, férue d'instruction au détriment de l'éducation, est quelque fois perçue comme une chance de voir enfin la femme reconnue dans une profession qui serait liée cette fois à sa scolarité, au point d'en faire un thème d'égalité qui pourrait laisser croire qu'au moins les hommes, bien avant elles, auront connu cette forme d'émancipation et de liberté. C'est dire que les femmes auront à s'imposer tout autrement, qu'il faudra compter sur elles pour réussir là où les hommes ont échoué.

 

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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 16:29

Les métaphores vont rarement du virtuel au naturel, c'est dire combien ce dernier nous échappe et comme les mots nous font défaut, qui nous permettraient d'emprunter le chemin inverse, celui de la vraie poésie ; c'est dire aussi combien le virtuel est parlant, bavard, prégnant en terme d'images, puisqu'il répond à ce qui doit se faire plutôt qu'à ce qui est. Le brillant exemple qui me vient à l'instant appartient à Flaubert : << Chacun de nous a dans le coeur une chambre royale. Je l'ai murée mais elle n'est pas détruite.>> Le grand homme évoquait ses adolescentes concupiscences en la personne d'Elisa Schlesinger. Après tout, l'essentiel est de se faire comprendre. Les mots sont autant de pierres posées à même l'eau vive, sur lesquelles nous progressons pour franchir le gué. C'est aussi simple que cela. Pourtant, on est pris de saisissement. Au bout du compte, c'est un choc que l'on reçoit, quand rien n'est plus joyeux que de franchir ainsi le cours d'un ruisseau. Quel artifice - du diadème à la chambre murée - aurait une origine autre que celle de la technologie ? 


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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 11:11

Ecrire est un souffle, une respiration. Si l'écriture se révélait polluée, comment pourrait-on cesser pour autant de respirer ? En vérité l'air pur, dans sa totalité, échappe à l'oeil. C'est peut-être le seul organe qu'on puisse ainsi tromper. Les sociétés humaines les "plus avancées" polluent le monde, mais les sociétés humaines à elles seules ne sont pas le monde. L'oralité n'avait pas cet orgueil. On ne parlait pas comme cela dans la ruralité : des paysages, des villages, des villes, des pays ... lointains, oui donc, et même le << tour du monde>> dont parlait le marin avait encore quelque chose de vrai. Ce langage qui réduit le monde à la société des hommes nous vient souvent de gens instruits, quand il n'est pas dit suffisamment de ce fameux "monde" que c'est encore celui de l'irréversible, de l'orgueilleuse domination de l'homme sur l'homme ( confortée par l'immémorial statut d'infériorité de la femme, auquel jadis seules les déesses et les reines pouvaient prétendre échapper), que plus encore c'est un "monde" aggravé pour s'en prendre aujourd'hui à l'ensemble du réel, sous toutes ses formes de vie . 


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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 18:25

Je suis dégoûté de l'écriture. Elan et enthousiasme m'ont quitté. Je pense aujourd'hui qu'ils ne conduisaient qu'à ma propre satisfaction. Je dois m'en prendre à moi-même, à mes limites. Il arrive que j'enrage, c'est tout ce qui me reste, en courant le risque de sombrer dans le dénigrement. Pourtant je n'ai aucun goût de me choisir des adversaires. J'ai cru à une sorte de grande famille, j'ai cru qu'on pouvait aimer la langue de la même façon. J'entendais récemment Didier Lockwood expliquer qu'il avait d'abord appris la musique << avec les yeux >>, parlant de la musique classique, avant de connaître la même passion pour la musique tzigane, qui se joue d'oreille, et dont on pourrait dire qu'elle ne peut s'apprendre que de la même façon. C'est une sorte d'affirmation gratuite, mais comment expliquer autrement la filiation, cette tradition vivante chez les gitans. Cela m'a beaucoup touché, car il y a longtemps que je me défends d'écrire, autrement que d'oreille, par ignorance c'est vrai, et ne maîtrisant pas tout simplement l'écriture savante, qui serait ici l'outil plutôt que l'instrument. << De la musique avant toute chose.>> nous dit Verlaine. 

Mon point de vue peut choquer, mais l'oralité est aussi un fraternel creuset dans lequel ont longtemps vécu les hommes, sans lequel on ne pourrait expliquer l'invite du corps, à s'exprimer dans la danse, et sous tous les cieux.


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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 09:36

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, ce même été où la région est libérée, Jean, par dérogation, passe les épreuves du Certificat d'Etudes primaires avec trois années d'avance. Jean se souvient surtout de cette salle, qui lui parut immense, où il est seul devant sa copie, dans un bâtiment ancien qu'il trouvait imposant, une vieille bâtisse édifiée sur les hauteurs du pays, et qui servait de Mairie à la commune voisine. Contre le mur de la façade arrière est accolée l'impressionnante bascule où se fait la pesée des cochons les jours de marché. C'était déjà quitter le lieu de  son enfance que d'avoir franchi la rivière, laissé là-bas ses petits camarades puis grimpé là-haut, dans cette autre commune, pour y subir cette épreuve. La tradition voulait que ce pays d'en-haut, qu'on ne fréquentait pas, n'avait que du mépris pour les gens d'en-bas. Jean s'était appliqué à réussir ce qu'on attendait de lui. C'était l'idée de son instituteur.             Celui-ci, mobilisé pendant la durée de la guerre, retrouvait sa petite Ecole communale. Tout comme la poignée d'écoliers qui occupait la grande classe, Jean, durant toutes ces années, n'avait jamais été son élève,  non plus que dans la petite et la moyenne classe. Cependant, pour avoir été informé d'une déficience particulière, qui ne manquerait pas d'être un handicap dans la scolarité de Jean, il avait souhaité rencontrer sa maman,  et lui parler de son projet. La jeune femme, veuve depuis dix ans, était bien en peine de prendre une décision, et ce que l'instituteur avait à lui dire, qui concernait son unique enfant, était plein de bon sens. Il s'agissait bien qu'il aille dès la rentrée dans un nouvel Etablissement, un Collège Technique, muni d'un Certificat d'Etudes Primaires exigé à l'inscription. Jean n'oublierait pas cette phrase, qu'il retrouverait plus tard, figée dans sa mémoire, pour lui avoir été répétée par sa mère. L' instituteur ne pouvait faire mieux que de lui dire ce qui était le plus sensé : << Si Jean ne réussit pas, du moins il aura un métier. >>


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  • : Le blog de jean francis evenou
  • Le blog de jean francis evenou
  • : une idée peut-elle "germer"? le réel et la vie. Littérature
  • : Qu'est-ce que le "monde virtuel" ? Est-il aussi "vieux" que les sociétés humaines ? Où cela mène-t-il ? Interactions, interférences au quotidien. Le réel et l'image. Les cultures et le "fond humain". Les contresens du langage. Le réel et l'abstrait. L'esprit, les sens et le corps. Distance et réserve à l'endroit de tout ce qui est virtuellement en notre pouvoir ( les technologies ) quand il s'agit de protéger la vie.
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